17.04.2005

Manifestations.


Je ne sais pas si l'accusation de révisionnisme* de l'histoire des années trente – portée par les dirigeants chinois contre les dirigeants japonais – est avérée; c'est vraisemblable, mais je laisse à d'autres, plus versés* que moi en histoire, le soin de le vérifier. Ce que je sais, c'est que les manifestations qui se déroulent actuellement en Chine sont organisées par la dictature en place et ne frappent que des innocents. Qu'ils soient japonais et descendants possibles de tortionnaires de cette époque, ne change rien à l'affaire!

Le gouvernement chinois prétend que ces manifestations sont spontanées, mais qui pourrait croire ces fieffés* menteurs? ces salopards, quand on sait comment s'est terminée la seule manifestation spontanée importante, en Chine, de ces cinquante dernières années.

Le 15 avril 1989, à la mort de Hu Yaobang – le secrétaire général du parti communiste chinois – des étudiants déclenchent une manifestation monstre à Pékin. Très vite, la fronde* fait tache d'huile* et cristallise* tous les espoirs de libéralisation du régime : elle touche des centaines de milliers de personnes, de tous les milieux sociaux.

Elle se terminera dans un bain de sang.

Pendant la nuit du 3 au 4 juin 1989, l'armée reçoit l'ordre de nettoyer la Place Tiananmen où se sont installés les protestataires. Les soldats tirent à l'aveuglette dans la foule et les chars écrasent tout ce qui se trouve devant leurs chenilles : blessés ou victimes de la bousculade.
C'est un véritable massacre qui fera un millier de morts et des milliers de blessés qui seront pourchassés jusque dans les hôpitaux où les soins leur seront refusés. Il s'en suivit aussi une importante vague d'arrestations et de déportations.

Cela, c'était une manifestation spontanée!

C'est une certitude, que la vague actuelle de manifestations est orchestrée par le régime chinois. La décision japonaise de procéder à des forages pétroliers en Mer de Chine n'est certainement pas étrangère à cette machination* des dirigeants chinois, qui font, d'une pierre, deux coups : à l'extérieur, mettre le gouvernement japonais en porte-à-faux* et, à l'intérieur, désorganiser une éventuelle commémoration* du " Printemps de Pékin " et du carnage qui s'en est suivi, dont cela va être l'anniversaire.



révisionnisme : attitude qui remet en cause un dogme ou une théorie
versé : expert dans une matière, une technique, un art.
fieffé : qui possède un vice ou défaut au plus haut degré.
fronde : révolte d'un groupe social contre l'autorité du groupe dirigeant.
faire tache d'huile : se répandre, se généraliser.
cristalliser : réunir, donner de la force.
machination : complot, manœuvres menées contre quelqu'un.
en porte-à-faux : dans une situation équivoque, instable
commémoration : fait de se rappeler un événement; on a récemment commémoré la fin de la guerre 40-45, et non le 50e anniversaire de cette guerre!

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